Ostreococcus tauri est une minuscule algue verte unicellulaire, elle mesure à peine un micron ce qui la rapproche des bactéries, du moins du point de vue de la taille, car cette algue est sinon le plus petit représentant du groupe des eucaryotes. Elle tire son nom de l’étang de Thau, une vaste bande lagunaire autour de la côte sétoise, dans l’hérault.
Les eucaryotes sont l’un des trois domaines du vivant avec les archéobactéries et les eubactéries. Ils peuvent être uni ou multicellulaires mais présentent tous des caractéristiques communes comme la présence d’un noyau, d’organites et une reproduction sexuée.
Ostreococcus tauri occupe une place particulière dans l’évolution des algues et des plantes supérieures, ayant émergée très tôt de la lignée verte. Cette lignée, qui inclut à la fois les plantes terrestres et la plupart des algues marines et d’eau douce, a évolué il y a environ 1,5 milliard d’années pour donner naissance aux premiers organismes eucaryotes photosynthétique.
Le décryptage de son génome complet réalisé par une équipe de chercheurs français et belges, en fait un excellent modèle pour comprendre la génétique de l’évolution, l’adaptation environnementale et l’acquisition des mécanismes métaboliques et photosynthétiques par les plantes supérieures. D’où le surnom de "levure verte" donné par les chercheurs. Ils attendent en effet autant de cette algue pour l’étude des végétaux que de la levure pour l’étude des cellules animales.
L’étang de Thau, lieu de la découverte d’Ostreococcus tauri, connaît des moments bien difficiles. L'eau est à plus de 30 degrés et ne contient actuellement que 4% d'oxygène au lieu de 96% à 98% en hiver, signale l'Ifremer. La baignade vient d’y être interdite suite aux remontées de cadavres de poissons morts asphyxiés. D’autre part les quelques 750 établissements, qui assurent 10% de la production d’huitres françaises, sont en grande difficultés car les mollusques commencent également à mourir.
J.I.
27/07/06